Réfléchir à ses achats : une quête au quotidien

Il n’y a pas si longtemps, je faisais un pseudo appel à la grève de la consommation. Chacun décidera de l’importance de cette grève, mais je reste convaincue, eu égard à mon parcours (partagé) depuis presque une année, que le seul moyen de se libérer de l’emprise du marketing, de l’incitation à la consommation et des entreprises nuisibles, c’est d’envisager n’importe quel achat comme un acte qui nous engage sur la durée (l’engagement fait peur, c’est bien connu).

Autrement dit, il est préférable d’acheter en imaginant que l’objet nous suivra pendant un certain temps et qu’il est dès lors préférable de lui trouver un attrait esthétique qui dépassera notre propre versatilité en la matière, de même qu’une durabilité affectant aussi bien son aspect que son usage. Ce qui invite beaucoup plus à questionner le fait même d’acheter, et évite assez souvent l’achat spontané.

Vous l’aurez compris, surtout si vous suivez ce blog depuis quelques temps, je vais évoquer quelques achats que j’ai fait dans cet esprit. Celui de vouloir acquérir un bien qui correspondra à mes goûts les plus tenaces et/ou à mes exigences d’efficacité les plus précises. Cela donnera également une idée de ma progression lente mais constante. Je ne le dirais jamais assez, la mise de fond n’est pas négligeable si on commence de presque zéro.

Let’s go !

  • De nouvelles brosse à dents.

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Le plastique, ça n’est pas fantastique : c’est moche, ça ne se dégrade pas bien, on en fait souvent un produit jetable, et plus ça va plus on tend à se dire que ce n’est pas très sain. Considérant que la brosse à dent en bois, ou en bambou, coûte relativement cher (entre 4,5 et 5,5€ l’unité), je n’avais pas envie de faire cet achat (outre le fait que je n’ai toujours pas de solution pour le compost). Du coup, j’ai opté pour une brosse à dent Caliquo à tête rechargeable et manche en bois. Ce n’est pas la panacée parce qu’il y a encore du plastique, mais, a priori, le produit est supposé pouvoir durer 10 ans. Le tout, acheté en promotion à presque moitié prix.
Les + : je jette moins de plastique / les recharges me reviennent au prix d’une brosse à dent normale (j’en ai pour deux ans) / c’est plus classe que du plastique orange ou vert (oui, c’est un argument) / c’est français, fabrication manuelle.
Les – : il faut espérer que ce soit réellement durable (en comptant sur la survie de l’entreprise) / je jette encore du plastique / j’ai mangé des nouilles le mois de l’achat (non, je déconne mais le prix initial fait réfléchir).

NB : le dentifrice dans le verre n’est plus celui que nous utilisons. Désormais nous utilisons la pâte dentifrice saline de chez WeledaSurprenant, voire déroutant au départ, mais au final on s’y fait très bien. Et c’est autrement plus sain que les dentifrices classiques (petit teaser pour un billet « en passant »).

  • Un petit pot biodégradable

wpid-wp-1444744166185.jpegCe point n’intéressera probablement que les jeunes parents en proie avec l’apprentissage de la propreté. Notez : dès lors que votre bambin vous dis « caca » à chaque fois qu’il prépare sa crotte, c’est qu’il est temps pour vous de lui proposer le pot. Maintenant, c’est plutôt « pot ! »… même s’il ne s’assied par encore dessus pour faire ce qu’il a à faire.
Passons ^^’.
Ce qui chagrine pas mal quand on est un peu en grippe avec le plastique, c’est que le choix de pot est grandement limité. Envisager d’emblée l’assise adaptée sur le siège des toilettes ? C’est un peu comme mettre la charue avant les boeufs. Et empêcher l’enfant d’avoir de lui-même la démarche de se rendre sur le pot, car il est plus difficile dans les premiers temps pour lui d’atteindre l’assise des toilettes adultes. Donc, obliger de l’accompagner… et certainement d’être en retard pour le faire. Tout en n’encourageant pas l’autonomie de l’enfant.
Passons à nouveau.
J’ai trouvé mon bonheur en surfant sur LE site français de référence en matière d’achat sans plasique : sans-bpa.comUn pot 100% biodégradable constitué de bambous et de cosses de riz et recouvert d’une cire produite à partir d’acides aminés (si j’ai bien traduit ce qu’en dit le site), de chez BecoThings. Quand je n’aurais plus besoin du pot, il me suffira de l’enterrer. Hopla.

Les + : sans plastique / biodégradable.
Les – : … euh…

  • Une coupe menstruelle.

Oh, comme c’est d’actualité. Je me l’a suis procurée dans le magasin LamazunaL’idée est simple, et sans doute rabâchée : ne plus dépendre des serviettes et tampons hygiéniques, qui en plus ne sont pas considérés comme des produits de première nécessité et finissent par bien peser dans le budget hygiène mensuel. Ah les hommes… Merci Sophia Aram pour cette petite mise au point dans votre chronique « Taxe tampon ».
Les + : fabriquée dans le Vaucluse / durable / hygiénique (réellement, en comparaison des serviettes et tampons).
Les – : on verra à l’usage ^^.

  • Une bouilloire Le Creuset.

28806_0_0_-Le Creuset-Bouilloire-Demi-Terre-Naturelle-1-1-L-Le-CreusetJusqu’à présent, j’avais une vieille bouilloire Bob tout en plastique. Par je ne sais quel miracle elle a échappé à l’obsolescence programmée en ayant une durée de vie allant presque jusqu’aux 20 ans. Oui, je l’ai eu en 1998 quand je suis entrée en faculté. Ce qui m’a fait vouloir en changer : chauffer le plastique ça n’est pas forcément une bonne idée, sa probable fin de vie prochaine, sa dépendance à une source unique d’énergie (l’électricité).

Du coup, on m’a offert une bouilloire en tôle émaillée, tous feux, de chez Le Creuset. Outre le fait qu’elle a grave la classe comme objet de décoration (beaucoup plus que ma vieille bob orange et sa crête rouge), je prends un réel plaisir à l’utiliser. A priori, sa durée de vie… à vie.

Les + : Tous feux / durable.
Les – : Hormis la place que cela prend, je ne vois pas. Et comme le fait de l’avoir en objet de décoration me convient, ce n’est pas même un souci en réalité.

  • Une alternative au film alimentaire : le Bee’s wrap

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Mais de quoi s’agit-il donc ? Simplement de toile en coton, de cire d’abeille, d’huile de Jojoba et de résine d’arbre. Lavable, c’est une alternative au film plastique. C’est très pratique à utiliser dans la mesure où la toile se plie et adhère bien simplement en réchauffant le tout avec ses mains pour s’appliquer au plus juste de la forme. J’ai dégoté ça sur le site de Sans-bpa.com. Et pour plus d’information : le site très agréable Bee’s Wrap !

Les + :  réutilisable jusqu’à 1 an  / alternative aux bocaux quand on n’a qu’une petite portion à sauvegarder / multi-usages ((non recommandé avec la viande) / ça sent booooooon !
Les – : le prix, atténué par le fait qu’on ne jette plus de film plastique et qu’on réutilise le produit.Qu’en fait-on à la fin ? Je n’ai pas trouvé de réponse… biodégradable ? Poubelle ? À voir à l’usage également, je pense.

En somme, ces achats (ou cadeaux) reflètent la volonté d’investir à chaque achat. Comme je le disais ailleurs, si le coût initial peut faire peur, j’envisage en général le coût final. Exemple d’un point de vue purement pécunier : Si j’utilise ma coupe menstruelle pendant 5 ans (durée de vie minimale a priori), soit 60 fois, elle me reviendra à environ 0,5€ par mois. Contre 3 à 4€ pour une boîte de tampons, soit entre 180-240€ dépensés sur 5 ans… ce qui est loin des 29€ investis.

Maintenant, si je réfléchis également à un autre niveau, la plupart des achats que je fais désormais est de meilleure qualité, ne me flingue pas secrètement la santé, diminue ma quantité de déchets, participe au développement de petites entreprises, tente parfois d’être un acte politique soit par « refus de » soit par « défense de »… en tout cas, pour autant que cela soit possible, dans ce que j’accepte et ce que je tolère, mes achats n’ont plus rien de spontané, et j’essaye de refuser autant que faire se peut d’ajouter des biens dont je n’ai pas besoin… pire qu’on m’inciterait à acheter parce que c’est la mode ou que c’est-nouveau-et-que-sans-tu-n’es-qu’un-moins-que-rien-trop-has-been.

In fine, c’est assez amusant de chercher des alternatives à la consommation facile. Celle qu’on nous décrit sur un dépliant ou qu’on nous vante dans un spot.

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5 réflexions sur “Réfléchir à ses achats : une quête au quotidien

  1. la Cup c’est cool (j’ai déjà dit que c’était cool la cup ? Parce que dans le doute je vais le redire, c’est cool). Le temps de prendre le coup, tu as ptêt des ratés sur 2-3 jours, puis à force de l’utiliser et d’en ressentir la position (pour l’oublier illico après), on prend très vite le pli et on refuse de revenir à autre chose ensuite. Pour rien au monde, je ferai machine arrière.

    Beau billet sinon. Je me demandais justement si il existait des alternatives au film étirable, j’attendrais ton retour sur ce produit Bee’s Wrap au fil du temps. Et vu que ma bouilloire commence à fuir, je vais aller creuser chez le creuset. :p

    1. Cela faisait un moment que ça me travaillait, mais avec la contraception post-accouchement… c’était un peu trop chelou pour envisager la cup. Ayant supprimé la contraception… :3. HOPLA ! J’ai acheté des protège-slips réutilisables également pour les 2-3 ratés ^^.

      Je ferais sans doute encore ce genre de billet, parce qu’il y a toujours quelques trucs qui améliorent la vie et font partie des achats de nécessité (comprendre : correspondant à ce qui répond à un besoin). Mais depuis début juillet environ, j’ai énormément de semaines pleines où je n’achète juste rien qui ne soit de la nourriture ou des trucs pour le morveux (qui a la bonne idée de prendre 2 pointures en un mois, par exemple). Le pire dans tout ça ? C’est que je suis foncièrement enchantée quand un nouveau produit arrive.

      Je ferai un retour sur les wrap. 🙂

  2. Bonjour! Je viens de découvrir votre blog et je l’adore déjà! Il est différent de tout ces blogs aux messages redondants, j’ai déjà fait le plein de recettes de lessive en tout genre!!! J’aime votre approche du oui je veux bien, mais sans cassage de tête. Je veux pas me sentir coupable ou me rendre malheureuse de pas en faire autant que d’autres. Nous sommes toutes différentes avec des vies différentes.

    Je suis moi-même maman à la maison de 4 enfants, je voudrais bien être parfaite dans ma démarche écolo, simplicité, minimaliste…. J’ai juste réussi à me foutre des complexes!!!! J’y vais maintenant plus lentement, j’y arriverais assurément.

    Merci!

    Pour les Bee’s wrap, j’ai acheté ce qui faut pour les fabriquer moi-même…. mais ça attend depuis un bon moment déjà!!! Encore sur ma longue, trop longue, liste de choses à faire!

    1. Merci infiniment, voilà un message qui fait bien plaisir ^^.

      C’est vrai que beaucoup d’expériences font rêver de tous les possibles, mais il faut souvent savoir raison garder, parce que celles qui sont le plus abouties ont demandé autant de temps que de flexibilité personnelle pour se mettrent en place. Certaines personnes sont célibataires, d’autres sont en couple en accord sur le sujet, d’autres sont en couple en désaccord sur le sujet, d’autres ont des enfants… sans compter les situations professionnelles et sociales variables ! Par conséquent, il est difficile de reproduire à l’exact sans prendre le risque de se confronter à la frustration de l’échec.

      Pour moi, le Zéro Déchet, c’est avant tout une démarche globale, adaptable à chacun, suivant un objectif précis. La façon d’y arriver importe peu dès lors que cela reste cohérent avec un bien-être présent soucieux d’améliorer un bien-être à venir.

      Toute démarche engagée est une victoire personnelle pour vous ! Pour exemple, j’étais toute guillerette ce matin parce que j’ai pu utiliser mes sacs coton pour les légumes sans un mauvais regard ou sans un haussement d’épaules dubitatif. Cela met en joie, plus encore quand le maraîcher trouve que la démarche devrait être adoptée par plus. C’est encourageant, et c’est un petit plus qui fait du bien à l’esprit. Ce n’est rien pourtant, mais ça répond à une attente. Ma poubelle se porte bien après ma visite au marché ce matin :).

      En tout cas, félicitations pour votre engagement ! On y arrivera tous ;).

      (Si vous faites les Bee’s Wrap, je suis intéressée par le retour :D).

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