Grève de la consommation

buynothingdayJe n’ai jamais été une grande adepte du shopping. M’acheter des vêtements ? Une galère sans nom qui a tôt fait de me pomper l’air, et me rendre nerveuse au milieu des pipelettes qui se demandent si les paillettes sont plus avantageuses que les diamants (sans grâce ? Ni l’un ni l’autre). Faire les courses pour manger…. raaaah pitié ! Encore que cela tend à changer, surtout à mesure où je m’arrache du carcan supermarché pour préférer le marché et les petites boutiques. Bref… l’idée de faire une grève de la consommation, de finalement donner un certain sens à mon aversion naturelle pour le shopping, cela me paraît la suite logique à la démarche engagée en début d’année.

Si le fait d’acheter modérément m’a toujours plus ou moins paru être une évidence, il m’est comme tout à chacun arrivé de céder aux sirènes de la consommation. Parfois, au sortir d’une série d’examens ou d’une semaine bien foireuse, j’allais me consoler au rayon bande-dessinée d’un grand magasin, ou au rayon livre, ou au rayon dvd. Ma compulsion consommatrice repose surtout dans les biens culturels.

Mais j’ai aussi souvent cédé à l’appel de l’inutile comme le changement d’un téléphone juste parce que l’autre fait préhistorique ou qu’une nouveauté importante est arrivée, me faisant baver d’envie. Conséquence : j’ai commencé à entasser des câbles de rechargement, des câbles de transfert, des boîtes etc… Et cela va pour d’autres objets qui me semblaient indispensables… et qui prennent plus la poussière qu’ils ne me servent.

Tout ceci tend à s’arranger avec ma grande opération : « je vide, je donne, je vends ou je jette ». Je n’ai plus grand chose qui ne soit pas utilisé. J’ai encore des appareils ménagers qui ne sont que rarement utilisés (appareil à raclette et pierrade, machine à hot dogs, appareil à fondue… faut avouer que ce n’est pas tous les jours qu’on mange ainsi) mais je ne me vois pas les donner ou m’en séparer, car ils servent encore malgré tout. Peut-être mettre en place un système de prêt-échange, les Colibris de ma région en parlait au début de leur mise en place.

Toujours est-il que ne plus acheter pour le simple fait d’acheter, ne plus me laisser aller à consommer parce qu’il est facile de prendre un objet dans un magasin en ayant l’impression de satisfaire une envie, c’est une démarche qui est en train de prendre place. C’est très bête, mais encore en début d’année, quand le crapaud est né, il m’est arrivé de me rendre dans un grand centre commercial (pour voir des gens et sortir des couches), et ne pas pouvoir m’empêcher d’acheter des trucs. Je dis des trucs parce que je ne me souviens même pas quoi. Si je revenais toujours avec quelque chose d’utile pour le fiston, il y avait parmi tout cela un truc.

Il est aujourd’hui très facile, avec internet, de faire du lèche-vitrine préventif (si tant est qu’on sache ne pas enregistrer sa carte sur les sites de vente et faire usage du très bien marketé « bouton achat rapide ») afin de rechercher exactement le produit qu’il nous faut pour répondre à un besoin donné. Tout en évaluant le rapport qualité-prix et en faisant des comparaisons entre produits, selon ses critères avantages-inconvénients (qui sont toujours propre à chacun).

Comme je le disais déjà dans d’autres billets : aujourd’hui, je suis très regardante sur la qualité (que j’espère durable) et je préfère payer plus cher un objet qui aura une durée de vie conséquente, tout en flattant en plus un certain sens de l’esthétique. Je ne souhaite plus acheter des objets seulement pratiques si je peux allier la beauté de la chose au plaisir de son usage. Exemple : j’ai troqué ma bouilloire électrique Bob orange avec une crête de coq (qui pour le coup ne connaît pas le concept d’obsolescence programmée parce qu’elle date de 1998) pour une bouilloire en acier Le Creuset qui fonctionne classique sur tous feux. Durable et d’une qualité esthétique qui me convient.

Ainsi, dans le cadre de ma petite révolution personnelle, j’ai adopté une démarche qui est soutenue par beaucoup de tenants de la décroissance, ou par ceux même qui souhaitent diminuer leur impact en baissant drastiquement leur production de déchets, qui consiste en l’abstinence consommatrice. Ou à faire la grève de la consommation pour lui donner une connotation plus politisée. Car ne pas acheter est un acte de désobéissance civile quand on sait que nos gouvernements poussent à la consommation pour soutenir la croissance (de quoi par ailleurs, pourrait-on leur demander quand il claironne fermement mais sans plus d’explication qu’il faut soutenir la croissance, point.).

J’ai commencé les journées sans achat ( hors alimentaire et achats nécessaires, comme la nouvelle paire de chaussures du crapaud qui a pris 3 tailles d’un coup… oui oui…), et j’en suis à la semaine sans achat. Courses alimentaires en début de semaine… et voilà. Hormis les quelques ajustements alimentaires, j’ai déjà fait deux semaines consécutives sans rien acheter d’autres. Ni livres, ni BD (je viens de craquer…), ni bibelots, ni vêtements etc…

Ben… franchement, je m’en porte plutôt bien. Voire carrément bien. Je ne parle même pas de mon porte-feuille qui en deux semaines de ce traitement se marre gentiment. J’en suis à l’étalement des achats, puisqu’aucun n’est requis comme immédiat. Du coup, je prends mon temps pour choisir et opter pour l’achat qui aura le plus de sens, tant niveau qualité qu’origine. Si je paye plus cher, je choisis plus durable, comme déjà dit et répété.

Mon adhésion de rentrée à la médiathèque (ma rentrée se fait en octobre, je pars en vacances ! ) me limitera dans les achats culturels, ce qui est un autre progrès, même s’il est probable que je ne lâcherai pas les BDs. C’est différent.

Pour un peu de lecture complémentaire, vous pouvez lire le manifeste pour une grève de la consommation écrit par Paul Ariès et diffusé par les Casseurs de pub.

Manifeste pour la grève générale de la consommation

Et vous, quelles sont vos habitudes de consommation ?

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Une réflexion sur “Grève de la consommation

  1. Bon,la fée rêvait en haut de son grand chêne!Pendant ce temps,tu as avancé.Alors,elle court,elle te suit,elle essaie de te rejoindre.Car,elle ne fait plus que regarder la fée:elle CHANGE elle aussi!!!!

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