Obsession minimalisme

mason-jar-shelf-1Je le reconnais volontiers, je ne suis pas d’une grande assiduité. Comme déjà dit, cela ne suppose pas non plus que je sois sur la voie de l’abandon. Je suis juste arrivé à un point de mon expérience personnelle où, passés les élans bouillonnants du premier chambardement, j’en suis à un rythme de croisière beaucoup plus pépère.

J’entends par là qu’il y a des habitudes qui ne vont pas se bouger brutalement du jour au lendemain. Eliminer les produits toxiques prend plus de temps qu’escompté. Sauf à tout vouloir jeter (ce qui est assez absurde), finir ce qu’il me reste de produits ménagers que je ne compte plus utiliser… ça prend beaucoup plus de temps que je ne pensais. Et c’est assez révélateur finalement du peu de conscience que je pouvais avoir des usages réels que j’avais de ces produits. Il y en a même que je n’utilisais que fort peu ! Par exemple le décap’ four. Sérieusement… il y en a beaucoup qui l’utilisent plus de deux fois l’an ? (Et encore, je suis généreuse…). Celui-ci va finir simplement au retraitement des produits dangereux, avec quelques autres dont je n’ai vraiment vraiment pas l’usage.

Depuis le début de l’année, je n’ai pas acheté un seul produit ménager hormis les tablettes pour le lave-vaisselle (sans exclure de trouver une alternative même si j’ai choisi un produit a priori moins agressif) et la lessive (sujet redondant). Pour le reste ? Je finis mes produits et commence à utiliser le savon noir, le bicarbonate, le vinaigre blanc, le citron etc… Et pour tout dire, cela ne me paraît pas plus crade chez moi (faudra me dire, pour ceux qui passent).

La seule constante sur laquelle je reste réellement penchée : c’est cette obsession vers le toujours moins. Je veux moins acheter, je veux moins posséder, je veux moins stocker… sans vouloir devenir une minimaliste absolue (ni le pouvoir réellement) tel qu’on peut le découvrir en surfant un peu sur le sujet, j’en suis devenue à être assez obsédée par le minimalisme.

Apprendre à moins vouloir, à tout niveau, à moins ressentir le besoin de vouloir (c’est différent), à faire avec ce que j’ai sans ressentir une gêne au niveau de mon confort, il ne se passe pas un jour sans que j’y pense.

Mon intérieur est le premier à en subir l’assaut.

– tri drastique des vêtements (et don)

– tri drastique des produits (et recyclage)

– tri progressif des supports culturels : ça c’est le point difficile. Je caresse même l’idée de virtualiser complètement mes supports audios. Même si je n’arrive toujours pas à sauter le pas. Je suppose que le petit élan nostalgique à l’égard des CDs que je possède m’en empêche, d’autant plus que j’apprécie réellement utiliser mon lecteur (minimaliste :p). Néanmoins… l’idée est bien présente.

– tri progressif des objets de vie courante : vaisselle, ustensiles de cuisine, équipement de garde-robe, appareils divers et variés… tout passe en revue, et beaucoup disparaît.

Je n’en suis pas à tout rejeter, à faire le vide sans égards ou sans regards pour ce dont je me débarrasse, je suis toujours une sentimentale qui donne de la valeur à ce qui a pris de l’âge. Mais clairement, je suis en train d’opérer une vraie bifurcation dans mon approche globale.

Sur ce que j’achète aujourd’hui, je suis très regardante sur la qualité. Du coup, ça a un coût (et la transformation prend, par conséquent, du temps). Mais je n’achète plus rien qui me lâchera dans les six mois (ou que j’estime comme tel, on peut avoir des surprises). Il arrivera un moment où je ne devrais plus avoir besoin/envie de remplacer les choses qui me seront utiles. Si elles ne le sont plus, elles connaîtront le même sort : le don.

C’est mon obsession minimaliste personnelle : ne posséder que ce qui m’est utile, et si possible durablement. Comprenant que dans le sens d’utilité, j’inclus ce qui me fait plaisir même si c’est inutile au sens propre (aka : mes biens culturels, pour la plupart. Une BD, c’est relativement inutile face à un grizzli mal luné. Sauf s’il aime Tintin.).

Bref.

Je suis obsédée par le minimalisme. (Et les tatouages.)

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2 réflexions sur “Obsession minimalisme

  1. Je pense que notre société commence à tendre vers ça quand même … ou du moins mon entourage. De plus en plus, j’entends autour de moi les gens dirent qu’ils en ont marre de cette consommation à outrance, où des besoins sont créés dans le but d’écouler encore et toujours plus de marchandise … finalement, la consommation, c’est comme tout, trop d’excès amènent au dégoût.

  2. Je ne suis pas sûre qu’elle tende vers cela, même si quelques obligations économiques pèsent lourdement sur le porte-feuille des foyers. Cependant, je pense que la consommation a un effet pervers qui est celui d’entraîner un désir de toujours plus (effet de mode, nouveautés etc…), et la consommation se rattache aussi à une certaine part d’identité. On s’identifie à un groupe par des symboles, des objets types, des us et coutumes. L’effet Diderot : https://en.wikipedia.org/wiki/Diderot_effect.

    Je pense que tu as raison de dire : « ou du moins mon entourage ». Sans doute en raison d’une sorte de sélection inconsciente par affinités. J’ai personnellement l’impression d’une vraie tendance qui se démarque et dans laquelle je me plonge avec plus ou moins d’avidité : l’envie de faire moins de déchets, de moins consommer ou de mieux consommer etc… et pourtant quand je sors le nez de cet univers plaisant, je retombe bien bas. Il suffit parfois de regarder sur la route les déchets simples qui ne finissent pas dans une poubelle ou ceux qui s’amoncellent dans les recyclables alors qu’ils ne le sont pas. De jeter un oeil sur les chariots au sortir des supermarchés qui se gonflent largement le week-end (en comparaison de quoi le mien tend à se réduire comme peau de chagrin à chaque visite). De suivre un peu l’émoi à l’annonce de la sortir d’un nouveau produit high tech qui n’a pour nouveauté que le fait d’être un produit commun estampillé par une grande marque pour la première fois.

    Je ne sais pas, mais j’ai vraiment l’impression que la courbe d’inflexion vers la petite utopie qui me tend les bras est faiblarde en dehors de son cercle. On peut espérer que l’exemple inspire mais j’entends encore parfois des « tu t’emmerdes bien » ou vois quelques haussements d’épaule fatalistes quand on dit qu’on préfère ne pas avoir de sac en plastique parce qu’on a apporté son sac coton (la bonne surprise le jour où en refusant poliment un sac plastique j’ai eu le droit au commentaire enjoué de deux autres clients, qui ont fait pareil, mais ce n’est pas la tendance la plus marqué en règle générale).

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