Le petit Poucet est attendu…

motif-barre-de-vie-22303094Il n’est pas facile de faire le point quand on a soudainement l’impression que l’encre a séché. Vous pouvez essayer, en général vous n’obtiendrez qu’un trou dans votre feuille ou de belles rainures sur votre semelle après vous être efforcé de réactiver la bille.

Peine perdue ? Fichtre non. Il en faudrait plus, heureusement, et j’ai toujours une mine de rechange. J’avais annoncé qu’il pourrait y avoir des moments où je me sentirais un peu dépassée, sans doute profondément ébranlée dans mes convictions naissantes. Il est déjà facile d’ébranler quelqu’un qui a des convictions sereines depuis des années, alors quelqu’un qui s’accroche aux branches d’une ambition timide… vous pensez bien… .

Pour diverses raisons, j’ai lâché du lest sur ce blog. Non pas parce que je compte déjà m’en passer (non, vous dis-je !), mais parce qu’il arrive également qu’un certain rythme vous rattrape et qu’en dépit de toute la bonne volonté du monde vous ne puissiez plus pleinement assumer vos élans. Très honnêtement, je n’ai pas eu vraiment envie d’écrire à nouveau ces derniers temps. J’ai préféré me reposer un peu, prendre du temps pour faire d’autres activités prenantes (peindre !) et également, chose non moins importante : lire.

Il y a de cela quelques semaines, j’ai connu une déconvenue à propos d’un article que j’avais mis 4 jours à écrire. Enfin convaincue par ma conclusion, j’ai voulu le publier. Pourtant certaine d’avoir fait une ultime sauvegarde… j’ai été renvoyée à une version antérieure… sans ma conclusion. Je dois l’admettre… ça m’a blasé. Fortement. Parce que le sujet était aussi difficile alors qu’il l’est aujourd’hui. Je n’ai toujours pas écrit cette conclusion. Et pourtant, je suis satisfaite. Parce que l’article résultait de la lecture de « Vivre la décroissance », dont j’ai parlé dans un article précédent. Et je n’aurais pas dû m’essayer à traiter du sujet du développement durable immédiatement après. Mon point de vue était nécessairement biaisé. Après quelques lectures complémentaires, je n’arrive tout simplement plus à me raccrocher aux esquisses de réflexion que le brouillon conserve. Il est probable que je finisse par l’achever en attaquant le sujet sous un angle tout à faire différent.

Cependant, au final, où en suis-je ? Ai-je remisé mes bonnes résolutions ? Après si peu de temps… je m’en voudrais fortement. Aussi, j’ai le plaisir de dire… non, au contraire, je suis même plus que jamais convaincue qu’on ne peut poursuivre notre course effrénée vers le toujours plus, le toujours nouveau et l’accumulation sans satiété. J’en suis tellement persuadée que j’en arrive même parfois à me demander s’il est vraiment juste de conserver mes bds.

Je plaisante.

Pour résumer sommairement, avant de me lancer dans la rédaction de billets à venir, parce que, oui, j’ai surtout nourri la machine ces derniers temps, passés les premiers moments d’euphorie liée à l’ouverture de ce blog, je pourrais lister les choses ainsi :

  • lecture avide de nombreuses ouvrages (plusieurs commencés en parallèle, 1 crayon gris mort au combat. RIP.) Billets à venir.
  • lecture non moins avide de ressources web (mon ordinateur a survécu, c’est heureux.) Ressourcerie enrichie à venir.
  • poursuite de la réduction des déchets (c’est quand même le fondement de mes autres résolutions). Si ils ont diminué, je ne suis pas satisfaite notamment, mais pas seulement, parce que le compost n’est toujours pas mis en place. Je pense que la poubelle pourrait très largement être diminuée de plus de la moitié si mes déchets organiques passaient au compost. Raison principale ? Le fond de lancement est détourné par d’autres besoins (difficile de ne pas renouveler la garde robe d’un crapaud qui grandit tous les jours). Mais ça viendra ! Il suffit de ne pas lâcher ce qui est déjà acquis.
  • les pâtes, les légumineuses, les fruits et légumes, les fruits secs, les biscuits apéritifs (quand on en achète, c’est-à-dire rarement)… achat en vrac, en grand partie dans des sacs en coton (le reste dans du papier kraft qui ira au compost, pour l’instant il sert dans le bac à légumes, est réutilisé pour les achats suivants s’il n’est pas souillé etc…).
  • la chasse au plastique se poursuit avec l’acquisition de contenants en verre, beaucoup plus légers qu’escomptés. Si le couvercle hermétique est en plastique, il n’est pas en contact direct avec les aliments (et je ne le chauffe pas). Les plastiques vont quant à eux rejoindre ma cave, aménager le rangement outillage ou mon espace peinture.
  • adoption du savon d’Alep pour la douche. Sincèrement ? Je ne voulais pas faire ma fan girl, mais je dois avouer qu’après la première semaine d’utilisation, je n’ai plus de démangeaisons comme je pouvais en avoir avant. Si ma peau a toujours besoin d’un petit coup de pouce pour compenser le froid, l’absence d’humidité, le savon d’Alep ne fait que la laisser saine, douce (oui) et n’a pas une odeur repoussante (comme je le crains souvent quand je change de produit). Au contraire, il y a même un je-ne-sais-quoi d’odeur de bois d’acajou. Un peu poivré.
  • chasse aux publicités dans la boîte aux lettres. Activité très frustrante parce que l’autocollant ne suffit pas à décourager certains, bien qu’il faille admettre qu’elles soient plus rares. Pour le reste, se désinscrire des listes prend du temps, surtout quand on s’est inscrit… à plein de programmes de fidélité concernant les enfants. Youpi. Bon, il suffit juste d’écrire, comme c’est indiqué en toutes petites lettres en bas des bons de commandes joints aux lettres de publicité. Un peu de temps, en somme, qu’il faut prendre. Mais je l’ai déjà fait, je vais encore le faire. Et prendre plus de précautions pour ne recevoir que des mails. Je me demande toujours pourquoi ils s’obstinent à envoyer des catalogues quand tout est accessible en ligne, plus simplement. Bref… en fait, je sais pourquoi, mais ça me paraît être un coût inutile, ou alors est-ce juste parce que je suis de plus en plus hermétique à la publicité. Je suppose néanmoins qu’ils doivent encore en retirer quelque chose pour continuer.
  • le bicarbonate de soude, le vinaigre blanc, le citron, l’alcool… en passe de détrôner dans mes placards tout un paquet de produits bien toxiques qui ne sont pas plus efficaces. Je n’en suis pas encore à faire tous mes produits d’entretien, mais je ne vois vraiment pas l’intérêt de continuer à acheter des produits chers qui sont facilement remplaçables par des alternatives aussi économiques qu’efficaces. Plusieurs produits finis ne reviendront plus dans mes placards, au profit d’alternatives plus naturelles.
  • s’agissant de la lessive… combat délicat à peine entamé. Les noix de lavages sont tentantes, mais quand on a des lessives composées de bodies souillés par les selles d’un petit bout qui a eu du mal à digérer son dernier repas… ça ne donne pas envie de se lancer à l’aveugle ou sans préparation. De plus, qui trop embrasse mal étreint, ce n’est pas mon chantier premier, je m’y attaquerai dès lors que j’aurai le sentiment d’avoir atteint un vrai palier sur le plus gros, celui de la cuisine. Pour le moment, j’ai épluché les étiquettes des lessives (et j’épluche toujours), cherchant à minimiser l’impact de mes machines, tant pour nous que pour l’environnement. Même si je grince des dents quand je vois encore certains produits. Pour qui se lance dans les noix de lavages, il y a cet article que je me mets sous le coude pour le jour J et qui explique ce qu’il faut ajouter aux noix pour une qualité de lavage qui s’approche d’une lessive chimique. Vous comprendrez à la lecture que ça ne s’improvise pas non plus, même si tout ce que cela demande réellement : de l’organisation. J’ai un peu trop de chantiers ouverts pour m’y coller. Mais ça viendra.

Prochains chantiers qui viennent garnir mon cahier à listes (chose que je ne faisais jamais auparavant…) ?

  • test d’un déodorant solide, d’un shampoing solide, d’oriculis. Si vous vous posez des questions à ce propos… ça tombe bien, ça fera l’objet d’un futur billet. 😀
  • messieurs, passez votre chemin : passage à la moon cup et aux protège-slips lavables.
  • le compost !!! Avant l’été si possible. Histoire d’avoir un horizon.
  • avoir le courage d’apporter mes contenants chez le boucher. Comme c’est un boucher de quartier ou de marché, je ne devrais pas hésiter.
  • trouver une friperie à proximité.
  • mettre de côté ce que je n’utilise plus, m’en séparer sur le site de « C’est bon esprit ». Une première fournée a été envoyée à Emmaüs en bon état ou ne demandant qu’une légère réparation (comme changer une douille). Il y aura peut-être une vente de figurines déjà peintes.
  • faire mon pain.
  • etc…

C’est non exhaustif, parce que les idées viennent en faisant. Je suis actuellement en train de lire le livre de Béa Johnson, et c’est aussi inspirant que bluffant. Voir à quel point elle est parvenu, avec le concours de sa famille, à supprimer les déchets de sa vie quotidienne… cela encourage à poursuivre. J’admets volontiers ne pas m’y jeter avec autant de courage qu’elle a pu le faire, parce que ça traîne en longueur, mais je m’y accroche. Et j’espère bien ne pas revenir sur les acquis. Apprendre à dire « non »… ce n’est pas le plus facile, quoi qu’on en dise.

Affaire à suivre donc.

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5 réflexions sur “Le petit Poucet est attendu…

  1. Pour le boucher, j’y ai songé mais je me suis rendue compte qu’il utilise le papier d’emballage comme « protection » pour mettre la viande sur la balance ; du coup, même si ensuite il venait à mettre la viande dans mon contenant, je pense qu’il y aurait toujours une feuille de papier qui irait à la poubelle … mais j’avoue que je ferai encore plus la tronche si je le voyais poser la viande à même la balance.
    Sinon, je viens d’investir dans une boite à oeufs (en plastique, j’avoue !) … le tout, c’est de penser à la prendre ^^

    1. Dans le meilleur des cas, il faudrait qu’il mette la viande directement dans le contenant qu’on lui tend (propre et accueillant :D), mais cela suppose qu’il fasse la tare du contenant au préalable. Si tu utilises toujours le même contenant et va toujours chez le même boucher, la tare pourra être notée sur le contenant. Maintenant… ça fait une première approche qu’il faut surmonter… ne pas faire ça un dimanche sur le coup de midi.

      Il faut que j’achète une boîte à oeufs ! J’ai un fournisseur sur le marché. Une boîte plastique reste plus durable que les autres, c’est pas illogique tant que c’est un plastique alimentaire (ni 3, ni 6, ni 7 :D).J’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé mieux.

  2. Je me suis lancée pour les noix de lavage mais j’ignorais les possibles suppléments, merci pour le lien.
    Et pour ce qui est de se séparer de certaines choses, l’association naissante de 2 collègues cherche des dons d’objets à revendre en braderie pour financer le dressage d’un chien pour personnes handicapées, c’est mon Emmaüs à moi :p

  3. du haut de mon chêne,j’ai regardé ,écouté:j’ai donc changé de lessive,d’adoucissant:j’achète du vrac,je refuse les sacs et utilise MON petit sac rouge,j’ai acheté plein de savons en pain,je composte au pied de mon chêne!et je me dis :y’a encore du boulot!mais j’essaie de te suivre!!!

  4. Il y a toujours du boulot ! 😀 Même quand on a l’impression d’avoir réglé une question, il s’avère parfois qu’il y a encore une meilleure solution. Flexibilité, maître mot ! Et apprentissage.

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