Tout n’est pas vert…

Greenwashing

 

Quand j’ai souhaité revoir ma consommation, et m’estimant déjà assez éveillée niveau écologie, je me leurrais un peu sur mon niveau à cet égard. J’avais bien conscience des arnaques, des évidences et de ce dont je pouvais me passer mais qu’on arrivait très bien à me vendre. Cela étant, je n’avais pas imaginé qu’en me penchant réellement un peu plus sur la question… tout peut être remis en cause. Le vert n’est pas toujours là où on nous dit qu’il est. Hello, Captain Obvious ! Pour autant, cela ne fait pas de mal de reconnaître que les effets d’annonces sont souvent trompeurs et qu’il faut bien se poser la question pour tout produit de savoir si ou non il est réellement « éco-friendly ».

D’aucuns parcourent les rayons d’un supermarché peuvent affirmer sans trop de soucis que les rayons bios, les étiquettages verts et les annonces « plus propre et responsable » sont légion. Le mot « nature » revient à tour de bras, à tel point qu’il est parfois difficile de dire quel produit est réellement sain, soucieux d’une empreinte moindre sur notre environnement. Il faut parfois aller chercher dans le détail de l’étiquette. Mais… sauf à connaître la réalité de la plupart des composés, c’est plutôt corsé.

La réflexion que je me suis fait, c’est de faire un tour d’horizon des produits que j’utilise puis, lorsque j’arrive à la fin de ce produit, m’interroger et faire des recherches sur sa composition, sur sa fabrication, sur l’entreprise afin, s’il le faut, de trouver un remplacement. Il est possible de faire ses produits dits « maison », mais l’alchimie relève parfois d’un savant mélange qui ne donne pas nécessairement envie de se lancer. J’ai dit ne pas vouloir mettre de recettes, mais prenons l’exemple de l’usage du bicarbonate de soude pour fabriquer son dentifrice. Il est régulièrement précisé qu’il faut faire attention aux quantités utilisées eu égard à la délicatesse de l’émail (variable en plus selon les personnes). Sans compter les règles d’hygiène et de conservation à respecter. Ce n’est donc pas une chose dans laquelle on se lance la fleur aux dents en imaginant qu’il suffit de prendre des ingrédients naturels pour que ce soit bon. Non. Comme pour beaucoup de choses, mélange et quantité sont à prendre en compte.

Quoi qu’il en soit, souhaitant allier progressivité et flexibilité au changement de mes habitudes, je ne vais pas me lancer à corps perdu dans un apprentissage brutal du DIY cosmétique et d’entretien. Ma seule option pour mieux consommer en attendant une transition plus complète revient donc à mieux m’informer.

Et c’est là qu’entre en jeu le greenwashing. Par chance, je suis assez hermétique à la publicité. La télévision n’est plus qu’un écran à la maison. Dvd, replays, chaîne YouTube, abonnement Netflix… mais pas de « télévision ». Du coup, je passe à côté de pas mal de publicités et par conséquent suis obligée de me renseigner autrement quand un produit m’interpelle. Du coca à la stévia, avec sa belle étiquette verte, ne m’a pas demandé grand effort… C’est toujours du coca et la stévia n’en est pas vraiment (puisqu’on extrait sa substance édulcorante, la rébaudioside, parce qu’il est interdit de vendre la stévia pure. Rien de très naturel en somme).
Mais que dire par exemple d’une lessive de marque X au savon d’Alep, concentrée pour lessive à 30°c ? Soit la lessive que j’utilise ? Savon d’alep, c’est vachement bien. Mais le reste… en me penchant sur la question, je remarque une chose que je n’avais pas encore remarqué : il n’y a absolument aucun label européen ou français (qu’il s’agisse d’Ecocert ou NF environnement). De plus, il semblerait que l’huile de palmiste, soit le noyau du fruit du palmier à huile, fasse partie des tensio-actifs. Guère éco-friendly pour le coup… Si laver à plus faible température est une bonne chose, il y a sans doute des alternatives qui sont plus respectueuses dans leur composition comme dans leur utilisation. Une fois la bouteille finie… je passe à autre chose. J’ai acheté parce que j’ai adhéré aux arguments de vente immédiat sans fouiner beaucoup plus. Même si j’avoue que l’odeur me plaisait… argument bien faible pour s’en tenir à une lessive !!!

En définitive, choisir ses produits, quand on n’a pas toujours le temps de passer au peigne fin les étiquettes, ça n’est pas une chose facile. À l’heure actuelle, le vert, qu’il soit dans les logos, le packaging ou le marketing, est à la mode. C’est un argument de vente particulièrement porteur quand on nous rabâche les oreilles avec le changement climatique, les ressources finies de la planète ou la destruction rapide des éco-systèmes en raison de nos modes de vie. Une façon aussi particulièrement facile de vendre du rêve et une bonne conscience au client. (Cela vaut également pour le bio, peut-être reviendrais-je dessus). C’est une opportunité de plus pour le système reposant sur une croissance infinie soutenue par une consommation effrénée.

Cela étant, à bien y réfléchir, une fois les produits de base pris en charge, une fois sa consommation alimentaire épurée du superflu, une fois, en somme, le premier travail important de « mise au propre » ne s’agit-il pas d’un gain de temps pour la suite ? Quand on se retrouve face à un choix limité, après sélection des meilleures alternatives, on ne perd plus des heures à faire le tri dans ce qui pourra être utile.

S’il faut être hermétique à une chose, aujourd’hui, dans le choix de ces produits essentiels, c’est au greenwashing constant des entreprises soucieuses de boucler leurs objectifs. On pourra me dire que ces entreprises font vivre des gens. Ce serait une remarque justifiée, mais on peut aussi répondre que l’innovation positive n’est pas un obstacle à l’emploi. Les entreprises éco-responsables sont aussi à la mode, car elles rencontrent un succès réel. S’il faut parfois accepter de payer un peu plus, on entre aussi dans l’idée du « moins mais mieux » (ce qui revient approximativement à dire en anglais : « Less is more »). Encore faut-il également à l’égard de ces entreprises faire preuve de vigilance quant aux réalités qui entourent les produits proposés.

J’ajoute à cet article une petite vidéo (en anglais) sur les stratégies marketing. On sourit au début. Puis on se dit au final : bah merde…

Petite modification du post intial : la vidéo mise en lien n’est pas une conférence réelle, mais une campagne de sensibilisation sur le marketing et ses méthodes. Il est bon de le préciser, car si le fond est intéressant, la forme peut poser question. Source : http://comandgreenwashing.fr/pub-communication/conference-the-secret-of-foods-marketing/

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4 réflexions sur “Tout n’est pas vert…

  1. Aaaaaaaah, les difficultés à changer ces habitudes. Entre le calendrier des récoltes (pour manger de saison quand on y connait que dalle), la liste des produits « monsanto » à éviter, l’huile de palme, c’est un vrai casse-tête avant de trouver ses marques. Et tentant de limiter (sans éradiquer non plus) gluten et lactose pour mes articulations, je m’étonnais du « faible » prix des produits concernés en grande surface, pour prendre conscience en mode facepalm « Ah ben oui, yaourt au soja, pas si cher. Mais le soja, il vient d’où et il est produit comment ? » Bref. Voilà voilà, ça prend du temps au début 😡

    1. Voilà, tu as bien résumé : ça prend du temps au début. Si on est un peu soucieux de ce qu’on achète, il faut tout éplucher, et songer à l’ensemble. L’exemple du soja est parlant. C’est une plante qui a beaucoup de vertus, mais comme pour l’huile de palme, la surexploitation de cette plante (et la destruction d’écosystèmes entiers) pour augmenter sa rentabilité la rend contreproductive en matière d’environnement. Plutôt bonne pour la santé (une fois encore sans entrer dans les excès), sa culture intensive est mauvaise pour l’environnement. Trouver un équilibre… ça n’est pas si simple.

  2. Je confirme ! Ca fait quelques années déjà que je fais en sorte de consommer local, voire bio. Le plus simple, c’est le recours aux ruches, mais je trouve que c’est parfois plus cher qu’en magasin bio style biocoop. Il faut tout éplucher, de l’enseigne, aux ingrédients ou composition du produit! Perso, ça ne me dérange pas, je prends ça comme un jeu de piste 😀
    Quant à la cosmétique home made, je le fais aussi depuis que j’ai commencé à faire attention à tout ça. J’ai commencé à lisant le livre La vérité sur les cosmétiques. C’est assez clair et instructif (si jamais t’as le temps entre 2 BD et 3 séries). Mais tout ça, c’est quand même un budget, en plus de devoir y consacrer du temps ! Bon courage

    1. Je songe à ouvrir un espace dédié à mes lectures. J’ai pas mal d’envies en ce moment qui me sortent de mes BDs -mais pas trop oh- et des séries, et remplacent le romanesque dans lequel j’ai du mal à me plonger depuis quelques temps (la tendance : je m’endors au bout de 2 pages n’aidant pas…).

      Pour les cosmétiques, c’est clairement un sujet qui va être traité. Je n’en utilise pas des masses, mais j’ai quelques basiques dont je ne saurais me passer, du coup, je vais voir comment gérer la chose. Avec des pistes, puisque si la cuisine est l’espace prioritaire, je songe déjà aux autres environnements ^^.

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