Le tri : ce joyeux casse-tête

Logo Triman
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Certains l’auront déjà remarqué, d’autres l’ignorent peut-être autant que la signification de la plupart des logos dit « écolos », mais un nouveau logo a fait son apparition le 1er janvier 2015, obligatoire pour tous les metteurs sur le marché. Encore ??? Oui, encore… la tendance se veut être à la simplification pour aider les particuliers à ne plus se poser de questions quant au recyclage possible de tel ou tel déchet. Car il faut admettre que c’est parfois un grand bordel.

Ce serait assez laborieux de faire un listing de ce qui est et ce qui n’est pas recyclable. Il y a plusieurs sites qui proposent des tableaux plus ou moins bien fichus, sans pour autant être véritablement adaptés en raison des multiples réserves liées au choix des collectivités.

Il m’arrive d’être du genre laborieuse, du coup, je vais probablement faire une sorte de petit listing, mais en évitant les évidences (encore que) et en essayant de m’attarder sur ce qui pose le plus souvent question, du moins de mon expérience.

Personne ne doute plus aujourd’hui qu’on puisse recycler le carton en utilisant la poubelle jaune à notre disposition. TOUS les types de carton. Même le carton alvéolé. En revanche, il faut savoir que la question de la quantité est rédhibitoire. Vous ne pouvez mettre dans la poubelle de tri que des quantités limitées et compressées. Vous venez de déménager ? Non, vos cartons ne pourront pas aller dans la poubelle de tri (sauf à vouloir que vos voisins de copropriété vous haïssent définitivement dans le cas d’une poubelle commune). Il faudra les porter à la déchetterie. Si ces cartons sont encombrants, il est préférable de ne pas s’en débarrasser non plus aux encombrants, même si cela semble pratique, car ils ne font pas de tri. Par conséquent, ces cartons, parfaitement recyclables, iront simplement brûler dans le vilain incinérateur.

En restant dans la thématique cartons : les boîtes d’oeufs ? Ce n’est pas si anodin parce que les informations sont contradictoires. La réponse : ces boîtes sont recyclables, lorsqu’elles sont en cellulose moulée (qui est déjà un produit recyclé), autrement dit dans cette matière qui ressemble au carton. Les boîtes plastiques, elles, ne sont pas recyclables. Le flou artistique peut venir de là car par précaution (et peut-être par expérience), certaines collectivités indiquent qu’il ne faut pas mettre les boîtes d’oeufs dans le bac à recyclage, en pensant aux boites en plastique. Un petit site : Eco-feutre expliquant la beauté de la cellulose. Hop hop, on se culture.

On poursuit : le papier est recyclable. MAIS :

  • Truc n°1 : ne pas déchirer. Le papier fractionné n’est pas traité par les centres de tri. Simplement parce que les lecteurs optiques ne les repèrent pas. Vous pouvez lire un article intéressant à ce propos sur le site de L’Usine Nouvelle.
  • Truc n°2 : s’agissant des enveloppes, il n’y a pas de réponses uniques s’agissant des enveloppes de papier kraft et les enveloppes à fenêtre. En effet, certaines enveloppes en papier kraft comportent également du papier bulle (non recyclable) ; les enveloppes à fenêtre sont composées de papier et de plastique. Selon les centres de tri, leur traitement est pris en charge… ou non. D’où le truc n°3 qui est valable pour l’ensemble des éléments à trier :
  • Truc n°3 : consulter les recommandations de tri de sa commune, et, en cas de doute, se renseigner sur l’équipement du centre de traitement des déchets collectés auquel la commune adhère. C’est très bête, mais c’est encore la meilleure façon de faire parce que le traitement des déchets n’est pas uniformisé sur le territoire national, puisque les communes sont chargées de l’organiser (sur la base de directives nationales tout de même, elles-mêmes orientées par les objectifs européens). Il est vrai que la démarche doit être pro-active, parce qu’il n’y a pas d’information automatique pour le nouveau résident.

En réalité, à mesure où je farfouille pour avoir des réponses précises, je me rends compte d’une chose. Comme pour un ordinateur, l’erreur se trouve entre la chaise et le clavier. Il n’y a ni chaise ni clavier pour mettre un objet dans la poubelle de tri, mais la personne qui fait l’erreur initiale reste le particulier, ce qui peut conduire la collectivité à exclure des déchets recyclables uniquement parce que le trop grand nombre d’erreurs conduisent à des refus de tri, et à un nouveau transport de ces refus vers le centre de retraitement traditionnel (comprendre l’incinérateur, le plus souvent) et donc un surcoût aussi bien financier qu’écologique.

On pourrait dire qu’il y a un manque d’information. Pourtant, la documentation est abondante. À commencer en général sur le site de la mairie de sa ville, si ce n’est dans la mairie même. Mais également sur les sites des entreprises chargées du retraitement des déchets. On peut regretter peut-être le manque d’opération de sensibilisation. Pourtant, il y en a également. Je viens d’apprendre qu’il y avait des conseillers au tri dans ma ville. Je pense que je vais essayer de les contacter pour voir ce qu’ils proposent (et pourquoi pas faire un retour ici, comme pour le composteur).

Le problème reste souvent le même : le manque d’intérêt réel du particulier. Les poubelles, au final, on les remplit, quelqu’un les récupère et les colle dans la benne d’un camion, et on ne sait pas vraiment ce que ça devient. On ne voit pas réellement ce qui est fait. Le geste de mettre le déchet à la poubelle est un geste d’effacement. C’est un peu la magie moderne.

Je ne souhaite pas blâmer le particulier plus que je ne regrette le manque d’efforts fait pour une uniformisation nationale comportant une réglementation précise quant aux objectifs à obtenir, entraînant la mise en place de structures adaptées et un contrôle plus sévère du tri initial opéré par le particulier. Je suis plutôt partisane de la taxe au poids, obligeant un contrôle plus grand des déchets qu’on peut produire.

Oui, il y aura certainement des décharges sauvages ou des débordements, le temps que les gens réalisent que ce n’est pas une réalité acceptable que de voir dans sa rue des dépôts d’ordures dépassant le mouchoir ou la bouteille plastique qu’un geste incivil à laisser là. Je ne crois pas que la plupart des gens souhaitent vivre dans un environnement envahi de déchets. Il y aura des exigences locales, une demande croissante auprès des autorités pour la mise en place de contrôles renforcés ou une vigilance plus importante dès lors que des débordements surviendront de façon anarchique. (Oui, je suis un peu optimiste par nature).

L’incitation peut aussi être différente de la taxe, perçue assez négativement. On peut parfaitement envisager qu’un particulier réduisant de façon considérable le poids de sa poubelle bénéficie d’un bonus par la diminution de cette même taxe.

En tout état de cause, l’incitation doit être motivante, ou pour le moins doit toucher une corde sensible des foyers. Et cette corde est plus souvent financière qu’écologique. Aujourd’hui, le tri est perçu comme une obligation, une tâche supplémentaire, un truc pénible dont on voudrait bien se passer. Elle est parfois simplement entrée dans les habitudes. Or une habitude est aussi synonyme d’absence d’interrogation. On fait le geste mécaniquement sans se poser la question de savoir pourquoi. L’habitude simplifie le quotidien. Je le dis déjà quand je parle, sur d’autres sujets, de mettre en place des routines devant faire gagner du temps parce qu’on n’a plus besoin de réfléchir réellement à ce qu’on fait. L’habitude pourrait être bénéfique pour le tri si elle comprenait aussi la capacité à s’adapter à toute évolution, laquelle exige qu’on s’intéresse au problème.

Sur ce point… je suis beaucoup moins optimiste.

Au final, je n’ai pas tant fait une liste que ça, considérant que le sujet est très largement rebattu sur pleins de sites différents. Le site Comprendre Choisir propose des guides pratiques dont un sur le recyclage où la plupart des questions qu’on peut se poser sont approchées.

Le Guide du recyclage

N’hésitez pas à partager vos interrogations à l’égard du tri, les réponses que vous y apportez…

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