Le compost sans jardin

Déchets organiquesDepuis l’arrivée du « petit nous », nos habitudes alimentaires ont un peu évoluées. Déjà assez bons consommateurs de légumes, nous en faisons désormais la base de nos repas, profitant des achats faits dans l’optique des petits plats maison pour le bout d’homme. Je pèche encore parfois par flemme et manque de goût pour la cuisine, mais finalement, je suis arrivée à un constat : ma poubelle avale pour plus de la moitié des déchets organiques. Très largement. Et c’est un constat qui me chagrine parce que ces déchets vont directement nourrir un incinérateur alors même qu’ils pourraient retourner à la terre simplement en se décomposant naturellement.

C’est presque une évidence de souligner cette aberration, mais on peut répondre plusieurs choses : je vis en ville / je suis en appartement / je n’ai pas beaucoup de place / je ne sais pas quoi faire des restes organiques… Beaucoup de répliques liées au manque de place, la vie urbaine et l’absence de solution immédiate pour régler un problème encombrant. Ce n’est pas vraiment blâmable car rien n’est vraiment fait en ville pour faciliter le compostage. Au lieu d’avoir des lieux de dépôts dans les quartiers ou les communes, on en reste pour l’instant à inviter l’habitant à faire lui-même l’effort de compostage. Autant dire que sans incitation réelle (comme par exemple une taxe au poids des poubelles), ça ne se fera jamais autrement que très lentement, alors même qu’un compost urbain de qualité pourrait être un bénéfice réel pour l’entretien des espaces verts de la ville. La problématique est rarement la même à la campagne, puisqu’il faut consacrer un bout de son jardin pour accueillir les déchets organiques. Rien de bien sorcier, en somme.

Que faire alors de ces déchets, mine d’or une fois décomposés, qui encombrent nos poubelles, quand on est soumis à une contrainte de place, de promiscuité et de manque d’espace vert personnel ? Il y a beaucoup plus de solutions simples qu’on n’imagine, mais cela suppose néanmoins une chose : accepter de prendre un peu de temps. Car, il faut admettre qu’il est toujours plus simple d’ouvrir la gueule de sa grande poubelle de cuisine et d’y laisser choir tout ce qu’on suppose ne pas pouvoir consommer.

Mais finalement, on peut imaginer (parce que je n’ai pas encore mis en pratique) que ce temps soit assez minime une fois la routine mise en place. Quelques idées :

  • le lombricomposteur : en gros ? Laisser de gentils petits vers se gaver de nos déchets et faire caca gaiement dans une maison à plusieurs niveaux. Le site commercial Eco Worms (un parmi beaucoup d’autres) propose une solution et des explications quant au fonctionnement de la machine. Il est possible de faire soi-même son lombricomposteur, plusieurs tutos de DIY sont accessibles sur Youtube tel que celui proposé par les Makers du Futuremag d’Arte.
    Personnellement, je ne songe pas opter pour cette solution : le système suppose un équilibre assez suivi, puisqu’il y a des organismes vivants qui entrent en action. Il faut s’assurer que la litière est sèche, qu’elle n’est ni trop acide ni trop peu… bref, prendre soin de l’appareil digestif des petites bêtes.
    Et puis, last but not least : c’est assez encombrant. N’ayant pas de balcon, ni de place à lui consacrer dans l’appartement, cette option n’est pas adaptée. D’autant que même lorsqu’on part en vacances, il faut songer à faire nourrir ses petites bêtes. Nous avons déjà un chien. 😀
  • le Bokashi : fichtre, qu’est-ce donc ? C’est un compost organique d’origine japonaise fonctionnant par fermentation grâce à l’adjonction de sons Bokashi. Pour le détail, et parce que cela l’expliquera toujours mieux que moi, il y a le site www.bokashi.fr .
    Les avantages : le seau dans lequel on réalise le bokashi ne prend pas beaucoup de place ; fermé hermétiquement, il n’y a pas d’odeurs ; si on ne sait pas quoi faire du jus récupéré quotidiennement, il suffit de le jeter dans ses canalisations pour les entretenir (moi, je dis, pas mal !) ; processus rapide ; on n’a pas à se soucier de la vie des petites bêtes puisqu’elles sont autonomes, et donc il est plus facile d’interrompre le processus en cas d’absence. Alors qu’un compost fait sa vie dans un jardin, en appartement, il faut songer aux absences.
    Le seau sera mis à la cave (pour raison de place, malgré tout, la cuisine est déjà optimisée), mais par conséquent, j’ajouterai un pot à déchet hermétique réservé au compost sur mon plan de travail. On en trouve en nombre que ce soit en jardinerie ou sur Amazon.

En dehors de ces deux solutions, faire le compost en appartement est assez limité si la ville n’a pas mis en place de ramassage des déchets organiques (différents des déchets verts provenant de l’entretien d’un jardin). J’ai appris hier en me renseignant sur le centre de tri auquel est rattaché ma ville qu’ils participent à la distribution de composteurs au particulier, financés par l’ADEME, le Conseil Général et le Siredom. Ne me reste qu’à contacter ma mairie pour savoir si elle-même se charge de cette possibilité puisque cela lui revient en théorie.

Ces solutions sont relativement simples à mettre en place et ont un rendement écologique avantageux, à l’inverse de proposition telle qu’un déshydrateur qui, même s’il réduit de façon conséquente la taille des déchets dans la poubelle (ce qui peut s’avérer utile pour le poids final), consomme une énergie importante pour envoyer à l’incinérateur des déchets qui sont exploitables. Lire cet article sur ce genre de produits sur Diisign.

Mais que faire du compost ? L’utiliser pour ses plantes d’intérieur, le mettre au pied d’un arbre de son quartier, en proposer à sa voisine qui adore ses plantes (c’est bon pour le voisinage en plus)… le compost est une terre améliorée, on trouve toujours un petit coin de verdure pour le répandre. Rassurez-vous, ce n’est pas avec votre production de cuisine que vous allez faire une colline !

Pour finir, reste une solution qu’il me faudra tester : cuisiner. (Oui… encore.)

On trouve pas mal de recettes permettant de cuisiner la plupart des déchets organiques produits dans la cuisine. Le site Marmiton propose des recettes qu’il s’agisse de chips, de soupes, ou de choses plus élaborées comme un riz pilaf à la crème de tiges d’asperges. Au-delà de ce site, des internautes partagent volontiers leurs expériences et recettes no gaspi.

Aux fourneaux !

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9 réflexions sur “Le compost sans jardin

  1. Merci pour la recherche d’infos ;-).
    Je ne connaissais pas le Bokashi, je vais me renseigner… Mais je suis d’accord avec toi que les initiatives devraient être communes (style des composts par quartier).
    Bon, et la cuisine heu… j’y passe le moins de temps possible pour que ce soit quand même bon :x.

    Tiens nous au courant de tes avancées 😉

  2. Je ne savais pas qu’il y avait une différence entre les déchets verts du jardin, et les déchets organiques … de l’herbe ou des fanes de carottes, ça ne se décompose pas de la même manière ? Mais bon, je gagne quand ce jeu du chat perché vu que j’ai un jardin et que je fais mon compost pour le potager :]

    1. En fait, la distinction est faite lorsqu’il y a un ramassage des déchets verts du jardin, en raison de son volume et de son retraitement particulier. Par exemple, tu mets dans ton compost un bois broyé, et non la branche entière. C’est la seule distinction à faire. Parce qu’il est parfaitement possible d’inclure des déchets verts de jardin dans le compost, pour nourrir la diversité de l’humus, dès lors qu’on fait attention à garder un équilibre. Un tas de compost où il n’y aurait que de la sciure… sera de la sciure longtemps ^^.

      Et comme t’es cheatée ! 😀

      1. Mais du coup, est ce qu’il n’est pas possible au sein d’un immeuble de créer une poubelle pour les déchets de la cuisine, qui serait mise sur le trottoir le jour des déchets verts ?

        1. Je pense que le problème résidera toujours dans la collecte et au traitement qui suit. Je vais fouiller un peu pour voir si ça n’est pas envisageable et la raison pour laquelle une distinction est faite entre déchets verts et déchets de cuisine.

          1. Il me semble que j’avais lu quelque part que les déchets végétaux pouvaient faire partir des « déchets verts ». Le problème dans mon cas est en effet le volume. Je ne remplis pas un sac vert avec mes déchets végétaux hebdomadaires… et de loin !

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