Premier chantier…

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… la cuisine.

Quand on attaque une réorganisation complète de ses habitudes et de son environnement immédiat, il faut surtout se garder de trop embrasser. La gourmandise est un vilain défaut, dit-on, qui, même s’il est possible d’en faire un atout, conduit bien souvent à l’excès.

Tout débute avec l’envie. Celle qui soudain rend impérieux le besoin d’être satisfait. Une fois déclenchée, il faut réussir à la canaliser, sinon c’est la chute, et on passe à la gourmandise coupable. Quand l’euphorie de la satisfaction est passée, on peut soit commencer à regretter et tourner le dos à l’envie initiale en se disant que c’est sa faute à elle, soit plonger à corps perdu dans une autre spirale d’envie seule à même de satisfaire l’hyperactivité liée aux sensations initiales. Car l’envie est souvent à l’origine d’un dynamisme très addictif quand il devient productif. C’est une forme d’écueil bien joli à voir depuis le rivage quand les flots lui chahutent les flancs à grand renfort d’écume légère, mais soudainement plus inquiétant quand on l’approche à bord d’un canot sans rames.

Aujourd’hui, je peux dire que j’ai envie et non « j’ai eu envie ». Parce que j’ai semble-t-il pour le moment réussi à canaliser la frénésie liée à celle-ci. Au début, je ne savais pas où donner de la tête. Il y a tellement de choses possibles quand on veut changer ses habitudes de consommation, faire le vide dans ses possessions pour ne garder que l’essentiel et utile, diminuer ses déchets. La toile regorge littéralement de réponses aux questions qu’on se pose, voire nous fait découvrir des choses ou des modes de vie qui ne nous auraient jamais effleuré l’esprit auparavant. À tel point que c’est déstabilisant pour la jeune motivation naissante. J’ai passé beaucoup de temps à lire, à regarder et à écouter. Je me suis littéralement gavée avant d’enfin me lancer. Cette boulimie aurait pu stopper net l’envie, parce qu’il faut admettre que le chantier principal peut paraître insurmontable. Et puis, on se dit une chose : ce n’est pas une course. Chaque chose en son temps, chaque progrès à son moment. Une bonne pratique ne devient excellente que lorsqu’elle est durable. Or, c’est souvent la répétition qui assure l’acquisition. J’accueille aujourd’hui les plus petites avancées comme de vraies victoires. Oui, ne pas renouveler son papier aluminium à la fin du rouleau (ce qui est arrivé hier) est une victoire. Parce que cela signifie trouver d’autres solutions non jetables pour les restes (tupperware, bocaux) et pour les préparations (papillotes en silicone par exemple).

La cuisine est probablement l’endroit qui produit le plus de déchets. Rien qu’en raison de nos achats : les emballages sont nombreux et divers. La plupart, non recyclables. C’est pour ça que j’ai opté pour la cuisine comme premier chantier (tout en réfléchissant aux autres). Parce qu’il est possible de diminuer l’impact de ces déchets en modifiant quelque peu ces habitudes.

Ce qui est acquis dans ma cuisine :

  • yaourt fait maison : Sur le produit, je gagne au niveau des pots que je ne jette plus. Par contre, je regrette de ne pas trouver de lait avec consigne. Même si la brique alimentaire est traitée dans le tri sélectif, je n’ai pas d’autres choix pour le moment que d’acheter un pack emballé. (Simplement prendre les briques reviendraient à contourner le problème… en plus d’être très chiant à transporter).
  • rouleau d’aluminium banni des tiroirs : Outre le fait que cela produit beaucoup de déchets (pour une utilisation courte), on nous parle depuis des années de la nocivité de l’aluminium. Du coup, exit. J’ai mis 2 ans à venir à bout d’un rouleau de 5m, je pense que ça signifie que j’arrive à m’en passer en grande partie. La même chose arrivera au film alimentaire (qui en plus d’être très polluant est particulièrement ******** à utiliser).
  • récupération du marc à café et compression des dosettes en alu pour dépôt dans un point collecte : j’ai toujours utilisé le marc à café pour entretenir les canalisations. Avec une machine à dosettes, c’était plus compliqué. Compliqué mais pas insurmontable, il faut juste admettre prendre 5 minutes de son temps pour découper l’alu, vider le marc et compresser. Il ne faut guère plus, sauf à attendre d’avoir un bon paquet de dosettes à traiter. Projet : acheter une plus petite cafetière à piston pour me faire mon petit café du midi. Parce qu’une cafetière d’1L pour juste un café… c’est un peu gros :D. (Et, bon, d’accord, j’admets adorer les différents goûts proposés…).

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  • récupération des coquilles d’oeufs : aussi bien pour le compost futur, que pour les plantes du petit jardin de la copro, que pour éventuellement récurer des plats bien attaqués… plusieurs utilisations possibles, et ça en moins dans la poubelle.
  • acheter au maximum en vrac : un avantage de la région parisienne, il y a des solutions. J’en parlerai plus en détails. Outre le fait que désormais mes légumes sont tous achetés le dimanche matin au marché (assurant le local autant que le bio pour une somme plus que raisonnable quand je vois la quantité que nous achetons), je vais me fournir dans des magasins de vente en vrac. Fini les cartons emballant les nouilles, le riz, les lentilles, les pois cassés etc…
  • cuisiner : ce point, qui va revenir régulièrement, n’est pas le moindre puisque, je l’ai déjà dit, cuisiner et moi… ce n’est pas une grande histoire d’amour. C’est un effort. Beaucoup plus que mettre de côté le marc à café. C’est dire. Je m’ennuie quand je cuisine. MAIS… pour réduire ses déchets, éviter le gaspillage, il n’y a vraiment rien de mieux que de cuisiner. Parce qu’on peut tout exploiter, gérer ses stocks plus clairement et avoir des astuces pour les produits qui se rapprochent de la limite de péremption (de ça aussi, j’en parlerai sans doute plus tard). Par conséquent ? Cela fait 2 mois et demi que je cuisine quotidiennement. Les produits que je ne trouve pas en vrac et dont j’ai besoin, je les achète en essayant de trouver ceux qui proposent le moins d’emballage, ou bien l’emballage le plus recyclable. C’est une routine à mettre en marche. Au début, on tâtonne pas mal, mais par la suite, c’est un vrai gain de temps et de place.

Deux gros projets actuels pour ma cuisine :

  • le compost : je pense que les déchets organiques remplissent la moitié de ma poubelle, si ce n’est plus. Or, comme c’est un déchet exploitable, c’est dommage de le mettre simplement à la benne pour aller nourrir l’incinérateur. Je pense que je ferai un article sur le choix du matériel à compost. Ce sera la prochaine acquisition de la cuisine (et une partie cave pour raison de place).
  • éliminer le jetable : redécouvrir les joies de la serviette coton (et finalement l’art de la table) plutôt qu’acheter des serviettes papiers (même si j’admets volontiers que les sets proposés pour les fêtes… °_° ), ne plus acheter de couverts jetables (je doute avoir plus de 10 personnes dans mon appartement… et encore 10, c’est beaucoup…).

Tout ceci n’est absolument pas exhaustif, en dépit de la taille de l’article (désolée pour ça :x), j’entrerai dans le détail, mais cela dépend aussi de ce qu’on pourrait me demander de préciser.

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6 réflexions sur “Premier chantier…

  1. Cela doit faire 2 ans, peut être 3, que j’ai opté pour ne manger viande/poisson qu’une seule fois par jour (c’est fou le coût écologique d’un steak) … ça amis du temps à se mettre en route, parce que l’assiette viande/légume était LA définition que j’avais d’un repas, mais maintenant, c’est devenu une routine. Puis, me semble que c’est pas plus mal pour la santé.

    1. Nous avons également énormément baissé notre consommation de viande. Outre le fait que ce soit un poids dans le budget, en manger quotidiennement est parfaitement inutile pour notre santé. Pour les protéines, qu’il ne faut pas consommer en excès -comme beaucoup de choses-, il y a des légumes qui en proposent aussi en bonne quantité, de quoi varier ses repas. De plus, comme tu dis, le coût écologique est aberrant. Je fais attention à la viande que j’achète, en évitant autant que possible les produits de grande surface. Je n’ai pas encore trouvé de producteur local, il faut que je vérifie si le boucher de mon marché propose cela. Mais en habitant pas loin de Rungis, pas sûre que le local soit le choix le plus évident pour ces commerçants.

  2. Tu sais que si t’es en panne d’une idée pour cuisiner des légumes, tu peux toujours toquer à ma porte. Hier, une botte de blette s’est retrouvée dans ma poêle avec du citron, des échalotes et un petit fond de volaille épaissi, c’était pas mal :p

  3. Je vais éviter de spammer chaque article, mais pour le coup de cuisiner, j’avoue que c’est relou. Perso ce qui me motive, outre le fait que finalement ça occupe mes longues journées, c’est le plaisir de tester de nouvelles recettes et de cuisiner avec des produits qui changent du quotidien. Ma mère étant végétarienne, on oublie la viande. Mais elle est aussi à cheval sur le sucre, les oeufs, et edulcorants, et l’huile de palme ! (Adieu m&m’s 🙁 )
    Donc ça me pousse à trouver de nouvelles recettes, et à tester plein de choses ! D’ailleurs, je te conseille à la mousse au chocolat au tofu soyeux ! Une tuerie.

    1. C’est noté ! J’ai trouvé une petite épicerie japonaise pour le tofu, du coup… on va se lancer :D. J’ai fait des progrès dernièrement avec la cuisine, et j’en ai pour preuve que je n’ai pas jeté un seul légume depuis un mois. Pour deux raisons : je cuisine tout et ils sont de bonne qualité, conservant longtemps leurs saveurs même s’ils sont un peu flétris. Oui, je paye un peu plus cher mes légumes (encore que, si je regarde le temps de conservation et l’absence de perte, je pense que je m’y retrouve, je n’ai pas fait de calculs précis), mais au moins on mange mieux. Et avec le p’tit bout, les plats maisons sont légion.

      Concernant le sucre, je suis de plus en plus regardante, mais l’alternative la plus logique, le miel, me repoussant très largement, ce n’est pas facile. L’huile de palme, je me suis vu reposer un produit parce que j’ai lu qu’il en contenait. Quand on hésite entre deux, ça aide :D. (Mais bordel… les M&M’s quoi… :s)

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