Encore une hippie !

Oh Lord ! Won't you buy me a mercedes benz...
Oh Lord ! Won’t you buy me a mercedes benz…

Aha ! Quelle impertinente remarque. À moins de vouloir être réducteur, tout autant pour le mouvement hippie des années 60 que pour ces nouvelles tendances qui semblent prendre de l’importance à l’heure actuelle, s’en tenir à ce genre de réflexion, c’est passer à côté d’un certain nombre de revendications qui, souvent, résident dans une prise de conscience individuelle avant même d’être portée à grande échelle.

Si on est un tant soit peu réaliste, les grands mouvements ne partent que rarement d’un ensemble rapidement constitué. Quand c’est le cas… ça n’a rien de très durable (sur un tout autre sujet, voir les révolutions arabes récentes, ou plus anciennement notre révolution française qui a rapidement vu l’élan populaire des débuts se résumer à l’accaparement par une élite laquelle a eu tôt fait de remplacer l’ancienne). La spontanéité, comme la rapidité de mise en place d’une organisation complexe pouvant tracer les grandes lignes d’un mouvement, ne me semblent pas pouvoir répondre à ce qui exige en général une application à long terme. On ne se chausse pas de la même manière pour une course de fond sans relais que pour un 100m.

Cependant, il faut reconnaitre une chose. Au fondement du mouvement hippie, comme au fondement de la tendance Zero Waste / minimaliste / simplicité volontaire / sobriété heureuse (etc…), on retrouve des atomes crochus. Que ce soit David Henry Thoreau (« La désobéissance civile », « Walden ou la vie dans les bois ») ou la Beat Generation (dont l’emblématique Kerouac, « Sur la route »), tous ont une ligne directrice : se démarquer de la masse, du système en adoptant souvent une position libertaire. La nouveauté, notamment pour l’idée de Zero Waste, est peut-être que pour le réaliser il faut utiliser, exiger et encourager l’usage d’outils performants, publics et privés, d’amélioration du traitement des déchets. On peut faire beaucoup de son côté, mais on ne peut rien recycler par soi-même. Se dire « zéro déchet » en reportant le problème sur d’autres, ou en faisant l’impasse sur ce qui se passe en-dehors de sa bulle d’exception, ça n’a rien de constructif (ni de très glorieux).

Au final, l’idée principale réside dans la volonté de rester dans la course tout en changeant de piste. Cette course, c’est la même pour tous : vivre. Je parle de course parce que le temps est limité. Que ce soit le nôtre ou celui de la planète (et à la vitesse où on l’exploite, la vieille bleue, son pouls s’accélère dangereusement), il n’est pas extensible. On peut en ralentir le tempo, changer de piste, sortir de la route principale. Depuis environ 5 siècles, et les prémices des différentes révolutions industrielles qui vont nous propulser rapidement dans nos sociétés modernes, on peut avoir l’impression de vivre un sprint. Plus encore sur le dernier siècle passé. Et plus encore peut-être avec l’explosion des nouvelles technologies de communication qui ont soudainement modifié la conception même du temps en brisant les règles classiques qui le liait à l’espace avec l’arrivée de l’instantanéité. Ralentir aujourd’hui, selon certains, c’est entrer dans une logique de décroissance ou dans la valorisation de modes de vie plus lents. On en revient à ces tendances nouvelles qui, si elles portent des labels (minimalisme, sobriété heureuse, simplicité volontaire…) se résument toute en une idée : prendre le temps de vivre.

Là où je veux en venir, c’est que le mouvement hippie n’est qu’une expression d’une tendance ancienne. Il y a toujours eu des chemins hors des sentiers battus, qui parfois sont devenus les nouveaux boulevards, quand d’autres se sont simplement égarés dans les fourrés. Aussi, oui, je suis sans doute un peu hippie en voulant modifier ma consommation et mon approche à l’égard de mon impact réel sur mon environnement.

En tout état de cause, si être hippie c’est commencer à réellement choisir ce qui doit nourrir son corps, son âme et son esprit… peace and love à tous. 🙂

La plupart des gens désirent bien plus avoir des vêtements à la mode, ou du moins propres et sans raccommodages, que d’avoir la conscience nette.

Henry David Thoreau
Extrait de Walden ou la vie dans les bois

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