Après la décision…

Norman Rockwell
Norman Rockwell

… l’action ?

Il est assez facile de se lancer des défis. De jouer le parangon de la vertu en déclarant s’engager dans une aventure qu’il est difficile de moquer (encore que…). De rouler des mécaniques parce qu’on a déclaré sur les réseaux sociaux, cet espace hautement jugeur, vouloir faire un gros changement. Pire… le faire au moment des résolutions du nouvel an… Mais en venir aux actes pour démontrer que ce n’est pas une énième danse du ventre, c’est une autre paire de manches.

J’ai bien anticipé le coup, futée que je suis, puisque je me suis lancée en décembre, un peu avant la fatidique date butoir des prises de décisions qu’on ne tient jamais (je ne sais pas vous, mais le régime post-nouvel an, ça n’a jamais marché pour moi). Psychologiquement, je suis convaincue que ça n’a rien à voir. Soyez convaincus également. Parce qu’il semblerait que je m’accroche alors même que nous sommes déjà en février. Or, une résolution de nouvel an ne tient pas le surlendemain du réveillon. C’est prouvé.

En gros, la résolution principale peut se résumer comme suit : diminuer mes déchets et améliorer ainsi mon impact environnemental tout en assainissant mon espace de vie. En revanche, les biais envisagés pour y parvenir peuvent également être perçus comme des résolutions car ils supposent la modification parfois profonde d’habitudes depuis longtemps entretenues ou d’inquiétudes négligées. Parce qu’il faut avouer que je me suis souvent dit :

Les contenants plastiques, on peut peut-être faire mieux… oh, je verrais quand j’aurais un peu de temps.

Mon moi qui se parle à lui-même parfois.

Vous en conviendrez, avec ce genre de conclusion, on finit par ne jamais rien vraiment faire. Ou alors on commence… mais on ne finit pas. Les chantiers débutés ont souvent été nombreux. Bien entamés parfois. Quant à dire finis… le manque de temps, la flemme (avouons le), l’incapacité à hiérarchiser les priorités, le manque de progrès visible rapidement… beaucoup de raisons (ou d’excuses) pour s’arrêter en chemin.

Qu’ai-je donc fait depuis décembre qui soit notable et durable ?

  • acquisition de bocaux Le Parfait 1L. J’en ai maintenant 8 dont 2 sont de la récup’. J’en suis absolument dingue. Non seulement ils sont élégants, et c’est plutôt joli à voir, mais c’est parfait pour contenir tout ce que je peux acheter en vrac et le conserver sainement.
  • réutilisation de contenants verre : pots de sauce (pour les petites quantité de lentilles, de pois cassés etc…), petits pots bébé (pour certaines épices qui n’ont pas déjà un contenant verre facile à recharger) etc…
  • acquisition de sac en coton pour l’achat en vrac. Très pratique. L’inconvénient reste qu’il est encore difficile de trouver des magasins qui proposent la tare. Du coup, le coton étant un peu plus lourd que le papier, sur des produits vendus en vrac, souvent bios, ça peut être ennuyeux. La parade que j’ai trouvé : réutiliser un sac papier pour la pesée et transvaser ensuite dans le sac coton.
  • tri dans les produits d’entretien qui m’a permis de faire un listing de ce que je possède, de ce qui m’est utile et de ce que je peux remplacer. Dès que j’ai fini certains de mes produits, je remplace définitivement par des compositions maisons en privilégiant des produits moins coûteux, moins toxiques. Ce sera progressif, parce que les solutions de remplacement peuvent coûter un petit investissement de départ, du coup… j’étale les frais (j’ai de la marge le temps que les produits se finissent). Et j’avoue, je ne suis pas sûre d’admettre tout remplacer encore. Je suis particulièrement sensible du pif, et la lessive… il va falloir que je fasse des tests pour m’assurer que je ne regrette pas l’odeur de frais des lessives que j’utilise actuellement (industrielles, à base de savon noir, mais bon…).
  • cuisiner. Beaucoup de travail à faire sur ce point. Parce que j’ai toujours eu horreur de cuisiner. Je m’ennuie quand je cuisine. Et c’est souvent un peu forcée que je vais m’y mettre (d’autant qu’en fin de journée, j’aimerais ne pas avoir à m’imposer ça). Mais ! C’est presque un passage obligé. Je reviendrai là-dessus, comme probablement sur les points précédents, afin de préciser un peu. Toujours est-il que cette semaine, je n’ai pas jeté un seul légume parce que je l’aurais oublié au fond du bac. Tout est passé à la casserole. Rien que ça, c’est une victoire quand on sait que j’ai déjà réussi à retrouver un concombre liquéfié dans son emballage (pratique à jeter, mais pas ragoûtant), juste parce que je n’avais pas pris le temps de le couper pour m’en faire une salade… *honte*.
  • faire le vide. Du moins, c’est commencé. Un premier tri dans mes vêtements a fait l’objet d’un dépôt don. Et bizarrement, mon chouette placard qui faisait la tronche parce que déjà plein alors qu’on venait de déménager… ben, il se sent beaucoup plus léger ! Et moi, rien ne me manque. Ce n’est qu’un morceau : le plus gros du travail réside dans une appréciation des possessions pour finir par ce dire : « et donc ? Ça ? J’en ai vraiment besoin ? » Il n’y a à peu près plus rien qui ne passe à la question. Et je dois admettre que l’appartement s’allège considérablement. Prochaine étape ? Mettre de côté tout ce dont je veux me débarrasser et trouver un moyen de le faire intelligemment. À suivre.

Je me rends compte en écrivant cette courte liste qu’il y a beaucoup de petites choses faites, et que finalement ça commence à compter. Je n’ai pas tout dit ici, parce que ça n’a aucun intérêt d’entrer à ce point dans le détail, mais il y a de menus changements dont je commence à sentir le bénéfice aujourd’hui. Ne serait-ce que l’impression paisible d’être « au point » quand je décide de m’allonger sur le canapé au moment de la sieste du crapaud. Il y a quelques mois, ça aurait été impensable.

De la décision à l’action, je dirais que c’est en cours, et qu’à mesure où je franchis des étapes, cela renforce ma volonté de poursuivre. C’est très gratifiant. Et surtout très apaisant. J’entrerai plus tard dans les détails, et ce seront parfois de cours billets, car ne réclamant guère plus.

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8 réflexions sur “Après la décision…

  1. Attention à ne pas tomber dans l’excès … mon mari vient de me parler d’un reportage, d’une femme à Los Angeles (enfin quelque part au pays du burger) qui dans cet optique du zéro déchet a rationnalisé au maximum ses achats, les objets de son appartement, bref sa vie. Et même si effectivement on entasse des choses inutiles, je pense qu’il ne faut pas négliger le plaisir que nous procure ses objets. Il me semble que le plus compliqué dans ce genre de « bonnes résolutions » c’est justement de savoir s’arrêter à temps.

    1. Absolument et totalement d’accord. J’allais aborder le sujet en traitant du minimalisme prochainement. Béa Johnson, à San Franscisco, est un peu dans cette optique. Et je ne suis pas prête à entrer dans cet absolu : parce que j’aime mes biens culturels (les livres et les BDs, je vais avoir du mal à m’en passer), mais je suis aussi du genre à facilement donner de l’importance à un objet qui prend de l’âge et qui côtoie mon quotidien depuis longtemps. Là où je vois l’intérêt de faire du vide, c’est sur ce qui encombre l’espace sans qu’on le sache, sauf le jour où on met le nez dessus. Même si, parfois, on peut redécouvrir l’objet, et lui redonner une place.
      Dans ma page d’accueil, je parle de flexibilité, je pourrais aussi dire adaptabilité. Zero Waste oui, mais Minimalisme… je n’en suis pas là. Pour des raisons aussi bien pratiques que purement affectives. Il faut savoir garder un équilibre, je pense, adapter les résolutions à sa sensibilité et son équilibre personnel.

  2. Les déménagements : C’est bien pour faire le vide ! Ça te met le nez dans tout ce que tu accumules bêtement et que tu n’as pas envie de trimballer sur des kilomètres. Je sens qu’à mon prochain, je vais suivre un peu ton exemple, un sacré vide devrait s’opérer pour notre plus grand bien ^^

    1. C’est très vrai. Pour arriver dans l’appartement actuel, j’ai dû déménager mon appartement (et faire un gros tri parce qu’on en met du bordel dans un petit espace) et celui de l’homme. C’est là qu’on fait les premiers vrais tris.

  3. « Or, une résolution de nouvel an ne tient pas le surlendemain du réveillon. C’est prouvé. » C’est avéré.

    Sinon question bête : pourquoi des bocaux en verre uniquement ?
    Et tant que j’y suis, pour la cuisine, rien ne t’empêche de préparer tes repas en avance, quitte à les congeler. Comme ça, tu n’es pas tous les jours à cuisiner, et tu as des plats fait maison !
    Perso, je congèle les restes de soupe ou de compote faits maison dans les moules à muffin (comme ça, tu décongèles « deux muffins de soupe » pour ton repas :p).

    1. Alors, ma préférence va au verre, parce que c’est de loin le contenant le plus neutre (aucun transfert du contenant à l’aliment, et se nettoie bien donc pas de développement bactérien), il est recyclable à l’envie sans perte de qualité, se conserve longtemps, passe du frigo au four sans problème, il laisse voir le contenu (contrairement à l’inox par exemple, même si je vais certainement m’équiper en partie pour ce qui est de la conservation)… et enfin… ben c’est joli :x. (Oui, argument trivial).

      Je n’ai pas encore trouvé le temps, ou je ne l’ai pas dégagé, pour faire de la cuisine en masse. En général, le week-end, nous sommes par monts et par vaux, du coup, c’est dur de faire de la cuisine pour la semaine. Par contre, je pense que pour la soupe, je vais pouvoir me faire des… ah bah des hermines de soupe XD ce sont les seuls moules que j’ai :p. Voilà voilà.

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