Au commencement…

Cela fait des années que je traîne une envie : avoir un espace de vie organisé, clair, fonctionnel. Certains diront, et disent encore, que je suis maniaque, psychorigide et emmerdante (c’est souvent lié). C’est une chose qui a toujours fini par me faire monter la moutarde au nez. Que je sois emmerdante, je m’en accommode bien, après tout, c’est aussi un art quand on y met beaucoup d’application. Mais qu’on se gausse en permanence de mon envie de voir mon espace rangé et sain, j’avoue que ça me dépasse. À croire que la seule tendance convenable soit le bordel ou l’indifférence affectée.

J’ai été maniaque. Réellement.

Au point de ne pas vouloir qu’un objet soit déplacé de quelques centimètres sur la gauche quand sa position se trouvait à une distance d’équilibre parfaite sur la droite par rapport au bord du meuble. Je n’y pouvais rien, ça me perturbait la perspective (j’en suis toujours à être particulièrement chagrinée devant un cadre qui penche… non, je ne me soigne pas).

Aujourd’hui, j’ai dépassé cela parce que je me suis rendue compte que ça me rendait la vie juste impossible. Une telle rigidité ne répondait pas à mon besoin de clarté et d’ordre. J’ai par conséquent bien levé le pied.

Je ne me crispe plus si un objet n’est plus tout à fait à sa place. Par contre, j’aurais développé pour certains un nouveau travers : je ne supporte plus l’encombrement. Les choses ont une place et une raison d’être, entrant dans une routine qui m’évite d’avoir à réfléchir plus que de raison sur ce que je dois faire pour accomplir la tâche commune, celle qui ne doit pas m’encombrer l’esprit ou me pourrir mon timing parce que je cherche où se trouve les choses, ou l’ordre pour les mettre en place.

Je dois admettre que l’arrivée d’un petit bout d’homme a grandement contribué à m’orienter en ce sens. Au commencement, j’ai souhaité me désencombrer l’esprit de ce qui est inutile. Exemple tout con : préparer un biberon ne doit pas être une quête insoluble parce que le biberon n’a pas été nettoyé la veille ; qu’il faut donc le faire alors que l’urgence au réveil est souvent au rendez-vous ; que la boîte de lait en poudre a été mise dans un placard plutôt que replacée sur le comptoir, près des biberons ; que la mesurette a été mise au lave-vaisselle alors que celle de secours a été simplement posée sur le plan de travail, à l’air libre… Pour s’éviter le calvaire, l’impératif est simple : s’imposer une routine. Laver le biberon après usage, replacer les objets à leur place (ou avertir du changement) etc… Et toujours établir la routine la plus simple possible.

Si le coup du biberon est un exemple subjectif, cela vaut pour tout moment répété de la journée. Se laver, s’habiller, se préparer à manger, faire ses courses… tout ce qui n’est pas évitable et potentiellement chronophage fait l’objet d’une routine m’évitant de buter sur des obstacles facilement coutournables. Si cela en amène certains à considérer que je suis simplement maniaque… que grand bien leur fasse.

Au commencement de ces nouvelles habitudes qui vont nourrir ce blog, il y a la volonté de désencombrement. Si cela fonctionne pour l’esprit, il n’est pas de raison pour que les objets présentent un problème. Certains objets nous soulagent du quotidien, d’autres… font figuration. Ma déclaration d’intention sur la page d’accueil de ce blog fait mention d’un bocal autour duquel j’ai toujours tourné, et il réside en cela : éclaircir mon horizon pour avoir plus de temps à consacrer à ce qui n’est pas matériel. En partant à la chasse au déchet, j’entre dans la quête de la simplicité en acceptant l’idée que le meilleur moyen de diminuer ses déchets est de commencer par ne pas en créer. Moins d’achats compulsifs, nettoyage par le vide de ses possessions, tendance à préférer la qualité plutôt que la quantité, privilégier l’utile au futile… autant d’ambitions que je vais tâcher d’exposer pour tenter de me clarifier la chose, et peut-être simplifier les choses à d’autres qui voudraient prendre le train en route sans savoir par quel bout commencer.

J’ai pas mal d’obstacles à la tâche : ma tendance nostalgique, laquelle génère un sentiment d’attachement assez prononcé quand un objet marque un souvenir / ma tendance collectionneuse (non, je ne me désencombrerai pas de ma passion pour la bande dessinée, même si celle-ci mange probablement la plus grande part de mon espace vital actuellement) / mon hobby assez créateur d’encombrement (les figurines peuvent prendre beaucoup de place au final) … bref, l’objectif de désencombrement va devoir répondre à une double obligation : progressivité et flexibilité. Ce seront probablement les maîtres mots des mois à venir.

Et vous ? Maniaque ? Bordélique ? Encombré ? Spartiate ?

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